Tuesday, November 24, 2015

Council in Ottawa

           Warm greetings to all the members.
            From October 10th to October 12th, the Council had the opportunity to meet and work together in Ottawa. We stayed at the residence on the campus of La Cité collégiale, which is the location of the 2016 Conference, Encountering our Humanity. It felt good to experience and warm the space towards the August 2016 gathering. We are excited by the location.
            What is going on in the world around us? What is happening now in Canada? What do we see in the Anthroposophical Society? What are we being asked to do? How do we move from being a “sense organ” to taking action?
            These questions were the starting point for an artistic exercise that had a lot to reveal about how we work together as members of Council and about the capacities we are being asked to develop. We had the experience of needing to let go of what we had planned, to be awake to the moment, and what is emerging in our meeting together. We needed to be in a space of  “not knowing”; and to be able to give up our own idea of what needed to happen, for the emergence of the “whole.”
            We discovered that when we can work in this way, it is an inspiration. The results spread outward. And we could see in our meeting, that it allowed us to move more easily through items in our agenda, without getting stuck.
            We are sharing this with you as part of our council imagination. It’s a picture of leadership “with.” It’s a picture of a way of working together that is different, that is out of the moment, and that “lets live” what is emerging with the people who are present. This is conscious social work. It reflects the mood needed today.
            It also reflects the change in the Purpose of the Society. This is the Purpose sentence we have arrived at, to now approach Industry Canada, and change it in our Charter.

“The purpose of the Anthroposophical Society in Canada is to foster the life of the soul and a true spiritual understanding of the world, both in the individual and in human culture, based on the path of knowledge brought by Rudolf Steiner.”

            During the course of our weekend meeting, we also had a day of planning for the 2016 Conference. This included a larger group than the Council, others who are carrying this important project. We are very grateful for this group of volunteers for all the time, energy, and expertise they are contributing.
            We have been actively searching for a new treasurer for the Council, as Doug Wylie’s term will end in 2016. Our way of doing this is to meet with potential candidates, and have a conversation, and work together to see if we can work in a collegial way. John Glanzer from Calgary met us in Ottawa. We are pleased to announce that John has accepted to be proposed to the membership of the Society for the role of Treasurer, at the next AGM in Montreal, May 21 2016.
            Other items we engaged with, that you will hear more about in the near future are the National Library move to a smaller space in Hesperus, the website for the Anthroposophical Society, how the Council engages with members, and questions from the last AGM.
            We wish everyone a warm Advent season, and look forward to our next encounters.

Dorothy LeBaron, on behalf of the Council
           


           
           



La rencontre du Conseil à Ottawa


Salutations chaleureuses à tous nos membres.

Du 10 au 12 octobre dernier, le conseil a tenu sa réunion de travail à Ottawa. Nous avons dormi à la résidence du campus de la Cité collégiale, l’endroit où se tiendra le grand congrès de 2016 : à la Rencontre de notre humanité.  Nous avons été heureux de pouvoir faire l’expérience ce lieu en vue de l’événement d’août 2016. L’endroit nous a enthousiasmés.
            Qu’est-ce qui se passe dans le monde qui nous entoure? Qu’est-ce qui se passe actuellement ici au Canada? Que voyons-nous vivre dans la Société anthroposophique? Que demande-t-on de nous? Comment faire pour ne plus être simplement un « organe de perception » mais pour devenir un véritable agent de transformation?
Ces questions ont servi de point de départ pour un exercice artistique qui a su révéler bien des choses sur notre manière de travailler ensemble en tant que conseil et sur les capacités que nous avons encore à développer. Il a fallu que nous sachions lâcher prise de l’ordre du jour prévu, nous éveiller à ce qui vivait dans le moment même et à ce qui était en train d’émerger de notre rencontre ensemble. Il fallait accepter de nous trouver dans un espace où « il était impossible de savoir » et où il fallait être prêt à renoncer à notre propre idée de ce qui devait se passer pendant la rencontre pour permettre à « l’ensemble » d’émerger.
Nous avons découvert que lorsque nous arrivions à travailler de cette manière, nous vivions comme dans un état d’inspiration dont les résultats imprégnaient toute la rencontre. Et nous avons pu constater au cours de notre réunion que cette attitude nous permettait de passer plus efficacement à travers notre ordre du jour.
Nous souhaitions partager cette expérience avec vous pour vous fournir une imagination de ce qu’est notre conseil, une image de ce qu’on peut appeler « une direction déterminée par tous », qui constitue une façon différente de travailler ensemble. Il s’agit d’une collaboration qui est façonnée à partir du moment même, et qui permet que ce qui émerge parmi les gens présents « vive réellement. » C’est un reflet fidèle de ce dont nous avons besoin à notre époque actuelle.
C’est aussi un reflet du changement dans l’énoncé du But de la Société anthroposophique. Cette phrase d’intention, que nous avons réussi à formuler ensemble, est donc celle que nous présenterons à Industrie Canada et qui remplacera dans nos règlements l’ancien énoncé de but:
« Le but de la Société anthroposophique au Canada est de promouvoir la vie de l’âme et de favoriser une véritable compréhension spirituelle du monde, aussi bien chez l’individu qu’au niveau de la culture de l’humanité, en nous inspirant du chemin de connaissance indiqué par Rudolf Steiner. » 
Au cours de notre fin de semaine de travail, nous avons consacré une journée entière à nous entretenir avec le groupe de planification du congrès de 2016. Ce groupe élargi comprend des individus qui se sont engagés à porter ce projet d’envergure. Nous sommes très reconnaissants envers cet ensemble de bénévoles qui ont choisi de donner de leur temps, de leur énergie, et de leurs compétences dans leurs domaines respectifs pour faire de cet événement un succès.
Nous sommes depuis un certain temps à la recherche d’un nouveau trésorier pour le conseil, étant donné que le mandat de Doug Wylie terminera en 2016. Notre façon de mener ces recherches a été de rencontrer personnellement des candidats potentiels, d’entrer en conversation avec ces individus et de les faire participer à notre travail d’équipe pour voir s’ils se sentaient à l’aise avec notre manière de travailler en collégialité. John Glanzer, de Calgary, est venu nous rencontrer à Ottawa, et nous sommes heureux d’annoncer que John a accepté qu’on demande aux membres de le confirmer comme trésorier lors de notre AGA du 21 mai 2016 à Montréal.
D’autres sujets de travail dont vous entendrez parler davantage dans les prochains mois : le déménagement de notre bibliothèque centrale dans un espace plus réduit à Hesperus; le site internet de la Société anthroposophique au Canada; l’interaction du conseil avec les membres; et plusieurs questions soulevées lors de la dernière AGA.
À tous, nous souhaitons un chaleureux temps de l’avent, et nous serons très heureux de vous rencontrer en personne lorsque l’occasion se présentera.

Pour le conseil,
Dorothy LeBaron. 
           
           
           


           
           



Individualité et conflit Révéler les mystères cachés du soi et de l’autre à notre époque! Elizabeth Carmack


Le soir du 24 juillet 2015, je me suis rendue au local du Rudolf Steiner Centre à Vancouver pour écouter Bodo von Plato parler sur le thème : Philosophie, Anthroposophie et Vie quotidienne. Le lendemain matin, on nous a demandé de donner une interprétation libre de ce que la conférence de la veille avait signifié pour nous personnellement. Ma contribution lors de cette rencontre a capté le processus de transformation intérieure élaborée lors de la conférence, et bien qu’exprimée à l’origine sous forme d’idées spontanées, elle sera formulée ici de manière plus complexe pour répondre aux exigences d’un texte écrit en ce qui concerne la clarté intellectuelle. Lorsqu’on m’a demandé de préparer un résumé pour paraître dans ce bulletin, j’ai choisi de donner une interprétation personnelle détaillée de la conférence de Bodo von Plato. Ce texte traduit assez fidèlement ma compréhension de la conférence et veut rester fidèle aussi à mon sens de la valeur des idées présentées pour notre époque.
Résumé
« Révéler les mystères cachés du soi personnel demande la présence de l’autre. Comment le secret du soi se révèle-t-il? Il nous arrive souvent de développer un sens de notre existence en tant qu’individu à travers l’expérience de la manière dont nous sommes différents des autres. Nous sentant isolés, ostracisés, sans appartenance à quoi que ce soit ou écrasés par les contradictions et incohérences de notre propre nature, nous nous mettons à forger les conditions particulières de notre existence personnelle. Des conflits inattendus peuvent mener à la catastrophe, mais ils peuvent également apporter une grande clarté. Si nous nous attendons à ce que la justice règne partout, nous nous rendons compte que le monde est rempli d’injustice, mais nous pouvons également nous rendre compte du bonheur que la vie peut nous offrir. Même si mon sens de la vérité peut être sérieusement compromis par le monde et par les autres, c’est en effet quand ma réalité intérieure commence à diverger de tout ce que j’ai connu jusqu’ici que je fais l’expérience de mon individualité comme étant l’essence même de mon être. » - Elizabeth Carmack
Le noyau de l’individu en tant qu’identité émergente unique est constamment en train de se former. Ironiquement, mon sens de moi-même dépend souvent de mon expérience d’être différente des

autres. D’une part nous n’ouvrons presque jamais l’espace intérieur qu’il faudrait ni ne créons presque jamais l’imagination suffisante pour permettre aux différences des autres de se révéler; mais d’autre part nous nous sentons rabroués si l’on ne nous donne pas l’espace nécessaire pour faire valoir notre propre voix et nos propres valeurs. Il faut que nous nous rendions clairement compte que nous appliquons ici deux poids, deux mesures, et qu’il faut travailler consciemment ces contradictions pour pouvoir cultiver une communauté fondée sur la liberté plutôt que sur une subtile coercition psychologique ou une tendance à une uniformité socioéthique. Permettre d’inclure la voix et les valeurs de l’individu, cela dépend d’une pratique consciente de l’écoute active de l’autre. En effet, l’écoute active permet de reconnaître et de cultiver les différences. Par exemple, plutôt que de désapprouver les pensées, les sentiments et le comportement d’un autre, on doit arriver à les voir comme étant des manifestations de son identité propre.
Ironiquement, les conditions nihilistes de notre société contemporaine peuvent être idéales pour révéler le soi secret. Sentir que je vis en conflit avec le monde et avec la société peut renforcer mon sens d’être différent des autres. Une telle interaction entre mon soi et le monde ne fait que confirmer que les paramètres de mon individualité sont en train de se forger. Si pour beaucoup les différences agissent comme catalyseurs de conflits, et sont jugées superficiellement comme étant négatives et destructrices, le conflit en soi peut cultiver des paramètres individuels, car les différends peuvent s’avérer positifs et constructeurs. On peut considérer les désaccords d’au moins deux points de vue. L’affirmation permet à l’individu d’exprimer sa vérité propre et éventuellement d’ouvrir la porte vers la perception de l’autre. Pour beaucoup, la vie de notre époque actuelle semble compromettre notre existence même et nous rendre étrangers à nos propres valeurs. Pourtant, pour ceux qui survivent à la négation du sacré qui semble régner à notre époque – et à la crainte de notre extinction spirituelle – il y a sept étapes de développement intérieur qui peuvent mener jusqu’à l’affirmation du soipersonnel : 1) l’isolement intérieur, 2) les préjugés sociaux, 3) les incohérences et les contradictions, 4) la vulnérabilité personnelle, 5) l’articulation des différences, 6) la capacité d’être juste, et 7) les vérités divergentes. Interview complète

Unlocking the hidden mystery of the self and the other in our time! by Elizabeth Carmack


Friday evening 24 July 2015, I was at the Rudolf Steiner Centre in Vancouver, Canada. I had come to listen to Bodo von Plato lecture on “Philosophy, Anthroposophy and Everyday Life.” The following morning we were asked to give a free interpretation of what the lecture had meant to us. My original quotation captured the essence of the process of inner transformation presented in the lecture and although originally formulated as a stream of consciousness statement, for the sake of grammatical accuracy and intellectual clarity it now takes a more complex form on the page. Asked to present my summary statement for purposes of publication I decided to write a detailed interpretation of Bodo von Plato's lecture. My text captures my understanding of the lecture, which remains faithful to interpreting the value of these ideas for our time.

“Unlocking the hidden mystery of the self relies on the other. How does the secret self become known? What makes the individual unique? Often we develop a sense of our separate existence through experiencing how different we are from others. Feeling isolated, being ostracized, failing to belong or overwhelmed by inconsistencies within our own nature, we begin to forge the unique terms of our existence. In a moment of eclipse the secret self evolves through vulnerability to awaken to the necessity of community. In a social context we find common ground. Unexpected arguments can lead to catastrophe, but also develop clarity. Expectations of fairness perceive extreme injustice in the world, but also recognize good fortune in life. Although my sense of truth can be compromised by the world and others, as my inner reality diverges from anything known to me or anyone else, I experience my individuality as the very essence of my being.” Elizabeth Carmack

The core of the individual as a unique emerging identity is constantly evolving. Ironically, sense of self often develops on account of sense of difference in relation to other/s. (Possibly add reference to Plato's sense of sameness and sense of difference!) Although we rarely if ever provide inner space or possess sufficient imagination for the differences in others to come to light, we feel compromised, if we are not given enough inner space for the expression of our own voice and values. Such double standards need to be clearly understood and consciously worked with so as to cultivate community based on freedom rather than subtle forms of psychological coercion and socio-ethical uniformity. Inclusion of the voice and values of the individual depends on active listening from others. Active listening leads to recognizing and cultivating difference. For example, rather than disapprove of an individual's thoughts, feelings and behaviour – see them as a manifestation of the individual's unique identity.

Ironically the nihilistic conditions of modern day society are ideal terms for unlocking the secret self. For the individual living in conflict with the world and society, a sense of being different from others can be heightened. Such a dynamic interplay between the self and the world confirms that individual terms are being forged. Although difference catalyses conflict, which many judge on the surface as negative and destructive, conflict can cultivate individual terms, because disagreement can ultimately be positive and constructive. Disagreement can be seen from at least two points of view. Affirmation occurs for the individual expounding his/her truth, potentially opening the doors of perception in the other. For many people present day life appears to compromise our existence and alienate us from our values. However, for those who survive the negation of the sacred in our time, which many of us fear will cause our  spiritual extinction, seven inner developments can lead to affirmation of the self. 1. Inner Isolation, 2. Social Prejudice; 3. Inconsistencies and Contradictions; 4. Personal Vulnerability; 5. Articulating Differences; 6. Sense of Fairness and 7. Diverging Truths.    


Contrary to popular belief self realization from conflict is possible through inner dialogue with the self and social interaction with the world. The seven steps of self realization through conflict help transform  suffering into wisdom. Contact between the inner life of the individual and the unknown terms of the world can be abrasive, but can be transformed into something fruitful. Sometimes in affirmation the secret self of the individual can emerge in harmony within community, but as often as not the voice and values of the free individual challenge social expectations. In fact, the spirit of freedom often refuses to conform to social norms in very much the same way as the voice of the political dissident challenges the lockhold and tyranny of autocracy. For the free individual to be able to bring to expression the unique terms of his/her existence in the world, personal differences should not only be tolerated, but cultivated and valued. Forging individual terms means a person's inner life often emerges through conflict. The nihilistic terms we face in the world create opportunities of self knowledge by challenging the inner sanctuary of the soul. Social interaction can often threaten the inner voice and values of the individual. Although endorsement of difference from others can present us with sufficient freedom to explore our true inner nature, such affirmation from the outside does not always result in inner recognition of the individual's authentic self. Often simply recognizing how our personal limitations impede the inner make-up of another human being from emerging can unlock the hidden mystery of the secret self, acknowledging the unknown individual within. However, people still feel compelled to self-censor! Therefore, understanding how my expectations potenially impair a faithful expression of the other can help. Fear of rejection occurs because one has learnt that if one's true nature deviates too much from the social norm, one will be stigmatized. Rather than rouse social condemnation one denies one's inner being expression in an effort to save face. Such behaviour is far more common than one would like to admit. Although seen as an aberration by some, it simply reflects the narrow-mindedness of society and is a symptom of the widespread expectation for us to conform. If we sought contact with others with the heartfelt wish of discovering how different they are from us, honest self-disclosure could occur. Eliminating all forms of self-censorship manifest as self-protective lying will transform artificial exchange into sincere encounter. Full Article 

Friday, October 16, 2015

Le congrès Freedom Mystery Conference : prendre en main sa propre destinée Robert McKay



Lors d’une conversation qui s’est déroulée à la Haie au mois d’avril de l’année 1922, Walter Johannes Stein a demandé à Rudolf Steiner : « Que restera-t-il de votre œuvre d’ici quelques milliers d’années? » Et Rudolf Steiner de répondre : « Il ne restera que la Philosophie de la Liberté, » après quoi il a ajouté : « Mais cet ouvrage contient tout. Celui qui arrive à réaliser l’acte de liberté que l’on y trouve décrit découvrira la totalité du contenu de l’anthroposophie. »1

Une déclaration intrigante, en effet, qui peut se  prêter à de multiples interprétations. L’humanité perdra-t-elle le grand trésor qu’est l’anthroposophie d’ici mille ans? Je n’en suis pas sûr. J’ai l’impression que Steiner faisait référence à ce qui, de son œuvre, aura fait ses preuves comme étant une contribution durable au développement de l’humanité. Je peux m’imaginer que d’ici mille ans il y aura un grand nombre d’initiés sur terre œuvrant pour le bien, et que la somme de leur créativité, comme c’est le cas dans toutes les sphères où l’on est à la recherche de la véritable connaissance, aura su intégrer et même dépasser ce qu’un pionnier tel que Steiner a pu accomplir à son époque. Si cette image est juste, pourquoi l’ouvrage en question – la Philosophie de la Liberté – serait-il encore pertinent d’ici mille ans? Comment concevoir qu’il s’agit d’un livre pour l’avenir?

J’ai le sentiment que c’est parce que ce livre est un outil essentiel et que sa conception ne pourrait tout simplement pas être améliorée. Il sera aussi utile d’ici mille ans qu’il l’est à notre époque pour le véritable chercheur. Quelle est la fonction fondamentale de cet outil indispensable? Qu’est-ce qui peut survenir lorsqu’un individu se met à travailler la Philosophie de la Liberté? Steiner en a parlé souvent. Regardons, par exemple, cette citation tirée d’une conférence donnée pour les ouvriers du Goethéanum le 28 juin 1923 :
Ce n’est pas tant le contenu du livre qui est l’essentiel, bien qu’à l’époque on voulait évidemment présenter ce contenu au monde; mais la chose fondamentale, c’est qu’on y parlait pour la première fois du penser indépendant. Nul ne peut comprendre cet ouvrage sans pratiquer le penser indépendant. Dès le tout début, à chaque page, le lecteur doit s’accoutumer à faire usage de son corps éthérique s’il veut le moindrement pouvoir penser ces pensées. Par conséquent, cet ouvrage est un outil de formation personnelle – un outil très important – et doit être abordé en tant que tel.2


Comme l’expliquent d’autres citations de Steiner, toute l’anthroposophie se fonde sur cette capacité de déployer un penser indépendant, de se livrer à cet « acte libre. » Toutes ces indications insistent clairement sur le fait que seul le développement d’un tel penser indépendant peut donner à l’âme la force nécessaire pour s’ouvrir à des expériences suprasensibles de manière saine. Et, d’autre part, ce n’est que grâce à un tel penser qu’il devient possible de construire un pont assez solide pour ramener les richesses des expériences spirituelles dans le vécu de tous les jours, pour répondre au besoin urgent qu’a notre civilisation d’être renouvelée.

Que veut dire : faire usage du corps éthérique dans le déploiement du penser indépendant? En quoi cette expérience diffère-t-elle du penser qui n’utilise pas l’éthérique? Comment pouvons-nous faire l’expérience de cette différence? Si ces questions vous tiennent à cœur, venez participer au congrès Freedom Mystery Conference qui se tiendra à Thornhill du 23 au 25 octobre 2015.

Le moteur de ce projet est l’œuvre, d’une exceptionnelle créativité, de Timothy Nadelle. Fort de son travail approfondi de beaucoup d’années avec la Philosophie de la Liberté, Tim a développé, et en effet continue à développer, une manière de travailler avec le contenu de ce livre qui peut amener le participant à en faire une expérience directe tout en y ajoutant un élément social. Pour que ce processus puisse continuer à se développer, Tim a besoin de collègues pour recevoir et pour travailler avec ce qu’il a réussi, de manière ouverte et intègre, à construire jusqu’ici. En tant que membre de l’équipe qui organise l’événement, j’ai pu constater de première main ce que Tim nous apporte, et c’est tout simplement extraordinaire. Au lieu de présenter une approche de nature didactique, Tim donne une substance que les participants peuvent intérioriser et avec laquelle ils peuvent travailler de manière créative. Que vous ayez déjà étudié la Philosophie de la Liberté en profondeur ou que vous soyez un nouveau venu, vous vous verrez guidés sur un chemin d’expérience qui assumera une place importante dans votre vie et qui vous ouvrira de nouvelles voies pour votre propre cheminement.  

À ce que je sache, il s’agit du premier congrès de la sorte jamais organisé. On y explore du nouveau terrain. Et en plus de cette rencontre énergisante avec la Philosophie de la Liberté, comme partie intégrante du congrès l’on pourra assister à une représentation du premier tiers du Drame-Mystère La Porte de l’Initiation, une réalisation de TQuest Productions de Toronto. Nous serons également accompagnés sur ce voyage par Daniel Hafner, prêtre de la Communauté des Chrétiens, qui ouvrira et clôturera le congrès. Il offrira des conférences ayant pour but d’éveiller un dialogue entre ces deux aspects de l’anthroposophie. Ceux qui connaissent Daniel apprécient ses aperçus scintillants et son humour, et savent qu’il crée souvent une ambiance toute particulière lors de ses présentations.   

Une image qui peut nous guider à entrer dans l’ambiance du congrès : les participants découvriront dans La Porte de l’Initiation un chemin vers la liberté et trouveront dans la Philosophie de la Liberté une porte d’entrée pour pénétrer dans le drame mystère qu’est la vie de chaque individu. Apprendre à penser de façon indépendante représente après tout le premier pas dans l’effort de prendre en main sa propre destinée. J’espère que vous vous joindrez à nous pour vivre cet unique événement. Je crois que pour beaucoup, il s’avérera être un moment significatif dans leur destin. Pour obtenir des renseignements ou pour vous inscrire, veuillez consulter le site : www.philosophyfreedom.ca.

Notes :
1. Cité par Serge O. Prokofieff dans Les Hommes puissent-ils l’entendre.
2. 28 juin 1923 (GA 350)



Visite de Joan Sleigh à Toronto Du 30 septembre au 3 octobre 2015 - Mark McAlister

Historique :
En 2014, le groupe de Thornhill avait organisé plusieurs événements axés sur l’art social. 
 (Voir : Resilience and Renewal Through Social Sculpture).  L’atelier de « sculpture sociale » animé par Deborah Ravetz avait été un des moments forts de ces rencontres. Voici le commentaire d’un des participants :
« Aussi longtemps que nous refuserons de faire face à nos problèmes personnels « cachés, ignorés et déniés », nous ne pourrons pas progresser en tant que communauté. Si nous restons pris dans nos vieilles habitudes et que nous n’osons pas faire le saut… nous ne changerons rien du tout. Nous ne ferons des progrès qu’en acceptant de nous rendre vulnérables. Faire face à notre propre vulnérabilité est une chose extrêmement difficile. Cela demande énormément de courage, et ce n’est pas donné à tout le monde de faire ce premier pas si essentiel. » 
Nous avons étudié les biographies de beaucoup d’individus ayant passé avec succès à travers des catastrophes dévastatrices et ayant par le fait même apporté de nouvelles impulsions dans le monde. Nous nous sommes demandé : qu’y a-t-il de « caché, d’ignoré et de dénié » en nous-mêmes au moment présent? Comment pouvons-nous nous entraider à faire le saut et à révéler notre destinée? 
Joan nous fait avancer plus loin sur le chemin
Au cours de sa visite à la région de Toronto, Joan a donné des conférences et a animé des ateliers dans les locaux de Hesperus, de la Toronto Waldorf School et de la Waldorf Academy. Le fil conducteur qui sous-tendait tous ces événements : l’empathie. Elle a décrit comment l’empathie est un processus qui tend à approfondir les relations humaines en même temps qu’elle les met au défi. Nous ne pouvons arriver à connaître véritablement l’autre que lorsque nous comprenons et apprécions en quoi l’autre est différent. Dans un certain sens, nous devons effacer notre propre soi pour faire l’expérience du soi de l’autre; et en ce faisant, nous prenons conscience de notre propre soi. Voilà ce qu’est l’art social! 
La manière de travailler de Joan est axée sur le vécu et a été très appréciée par tous. Les participants se voient guidés à travers de réelles expériences de nature sociale, et ensuite les réponses sont partagées lors d’une conversation ouverte. Les concepts anthroposophiques ne sont introduits que vers la fin de l’atelier, pour aider les participants à intégrer les expériences vécues. Pour beaucoup des participants, il s’agissait d’un premier événement anthroposophique, et l’approche de Joan convenait parfaitement à l’occasion.
Le Goethéanum comme catalyseur.
Joan est relativement nouvelle comme membre du Comité exécutif au Goethéanum, et elle s’intéresse vivement à ce qui vit au sein de la Société partout dans le monde – surtout en Amérique du Nord. En la voyant en pleine activité, une nouvelle image m’est venue à l’esprit : le Goethéanum en tant que catalyseur. Joan apporte plein de ressources inspirantes pour « nourrir la conversation » tout en nous laissant entièrement libres pour trouver ce qui doit être fait. Voici quelques idées de rencontres interactives qui pourraient porter fruit : des rencontres avec les dirigeants et les résidents des communautés Camphill de l’Ontario; et,  pour nous aider à voir notre travail dans un contexte international : participer à un séminaire de recherche à York University ( aider à faire comprendre que l’accumulation de données n’est pas une fin en soi); participer efficacement aux possibilités de réseautage public (e. g. Centre for Social Innovation, Beit Zatoun, Village Market…) 
Joan, vous avez rallumé des flammes! Revenez-nous bientôt!