Wednesday, March 7, 2012

le Travail anthroposophique de Proximité auprès de Détenus

Chers membres et amis,

L’arrivée du printemps 2012 sera accompagnée d’une éclosion de joie dans bien des âmes, car notre initiative pour le Travail anthroposophique de Proximité auprès de Détenus « Anthroposophical Prison Outreach in Canada » ou « A.P.O. » connaitra sa fondation officielle. Bien qu’il s’agisse d’une initiative autonome qui se reconnait comme étant distincte de la Société anthroposophique au Canada, au cours de ces dernières années, durant sa période de gestation, cette initiative a travaillé en collaboration avec le Conseil de la Société au Canada et a reçu son appui moral et son encouragement.

Monica Gold a réussi à recueillir suffisamment de fonds à travers ISIS Cultural Outreach International pour nous permettre d’avoir notre propre boîte postale (voir les renseignements à la fin de cette lettre).

En tant qu’anthroposophes, nous savons que ce chemin de connaissance renouvelé est un besoin de notre époque. En tant qu’individus ayant ressenti la sagesse de l’anthroposophie, nous pouvons créer ensemble l’occasion de partager ce chemin spirituel avec des individus incarcérés cherchant à se comprendre et à s’autodévelopper. Par le moyen d’un bureau désigné, comptant une bibliothèque qui prêterait des volumes, et aussi par le moyen de livres anthroposophiques de base (en français et en anglais) placés à des endroits soigneusement choisis, nous espérons pouvoir établir des interrelations avec des individus disposant de périodes de temps désignées et qui pourraient sentir un besoin profond d’entendre parler de ce cadeau précieux qu’est l’anthroposophie.

Étant donné le grand nombre de défis auxquels nous devons faire face, nous faisons appel à la communauté anthroposophique de toutes les régions du Canada. Pour commencer, notre programme de Travail anthroposophique de Proximité étant tout nouveau, le Anthroposophical Prison Outreach Program travaillera de concert avec le système carcéral fédéral. Ceci a pour but de rendre les choses plus simples et de réduire les coûts à un minimum. Le système carcéral fédéral s’appelle le Service correctionnel du Canada (SCC) et compte actuellement cinq régions : la région de Atlantique, la région du Québec, la région de l’Ontario, la région des Prairies, et la région du Pacifique. Chaque région détermine les niveaux de sécurité pour ses propres institutions : sécurité maximale, moyenne, minimale ou multi-niveau. Par exemple, il y a treize prisons au Québec, douze en Ontario et neuf en Colombie Britannique portant l’une ou l’autre de ces désignations de niveau de sécurité.

En entreprenant la mise sur pied cette initiative, nous sommes encouragés par le succès du programme américain de travail anthroposophique de proximité auprès des détenus, programme qui jusqu’ici a rendu service à des milliers d’individus. Nous sommes fort reconnaissants de l’aide et des conseils reçus de nos voisins du sud, en particulier de Kathy Serafin. Quelques-uns des témoignages de la part de détenus aux États-Unis sont réellement émouvants. Un individu incarcéré dans le Oklahoma écrit : « Je suis reconnaissant qu’il y ait des gens qui s’intéressent sincèrement à une véritable réhabilitation touchant les causes profondes du comportement criminel; certes, ce n’est pas la lecture d’un livre qui règle entièrement le problème, mais pour ceux qui cherchent ‘la lumière intérieure’ c’est tout à fait ce qu’il faut. »

Fred Janny est l’un des fondateurs du Anthropsophical Prison Outreach Program en collaboration avec la Société anthroposophique aux États-Unis. Vers la fin des années 1980, Fred Janny a créé une brochure s’inspirant des « six exercices complémentaires » de Rudolf Steiner. Ce petit ouvrage s’intitulait « Self Development in the Penitentiary » (autodéveloppement en milieu carcéral) et était destiné aux détenus du système correctionnel du Michigan. En 1997 l’initiative a pris de l’expansion avec l’aide de la Société anthroposophique aux États-Unis à travers Jean Yeager et Eileen Bristol d’Ann Arbor, au Michigan. Dans les mots pleins de chaleur de Fred Janny : « Les forces spirituelles nous aident à forger et à renforcer le lien qui relie tout être humain à ses intentions les plus élevées. »

Fred Janny viendra au Canada pour parler de ses expériences relatives à cette initiative de Travail de Proximité auprès des Détenus. Sa causerie aura lieu le 15 juin 2012 au Hesperus Fellowship Community (détails à suivre).

Dans les mots mêmes de Rudolf Steiner, ce n’est que la condition privilégiée de notre instruction et de notre éducation qui sépare ceux d’entre nous qui respectons les lois de ceux d’entre nous qui les enfreignons. « La deuxième condition est de se ressentir comme un membre de la vie universelle. Remplir cette condition comporte des obligations multiples. Chacun ne peut toutefois y satisfaire qu’à sa manière… Dans ces dispositions, je considère par exemple un criminel d’un autre œil qu’auparavant, je suspends mon jugement et je me dis : ‘Je ne suis comme lui qu’un humain. Seule, peut-être, l’éducation que j’ai reçue m’a préservé du même sort.’ Et j’en viens à penser que ce frère en humanité aurait pu devenir tout autre si les maitres qui se sont donné la peine de m’élever s’étaient occupés de lui. Je considérerai donc que j’ai joui d’un bienfait qui lui a été refusé et que je suis redevable de mon honnêteté précisément aux circonstances dont il a été privé. Je ne serai plus très éloigné de l’idée que moi, membre de l’organisme humain, je suis solidairement responsable de tout ce qui se passe dans cet organisme. » (Rudolf Steiner, Comment acquérir des connaissances sur les mondes supérieurs, Chapitre 5 Ed. Triades, La Voie ouverte)

L’occasion se présente maintenant pour vous de partager ce cadeau avec vos compatriotes canadiens. Si vous êtes en mesure de nous aider, nous aurions besoin de livres anthroposophiques pour notre bibliothèque permanente. Nous accueillons tous les livres, mais nous avons besoin surtout des livres de base dont La Philosophie de la Liberté, la Science de l’Occulte, Comment acquérir des Connaissance sur les Mondes supérieurs, Théosophie, Nature humaine, et le Cinquième Évangile.

Les personnes désirant faire un don peuvent recevoir des reçus pour déductions d’impôt. Veuillez libeller vos chèques à l’ordre de : Isis Cultural Outreach Intl. en faisant mention sur votre chèque de Prison Outreach.

Nos plus sincères remerciements,

Anthroposophical Prison Outreach in Canada

P.O. Box 61512, 9350 Yonge St.

Richmond Hill, Ontario, Canada

L4C 0C9

Pour de plus amples renseignements, veuillez contacter :

William Caldwell, Tél: 905-659-4404 ou le courriel: wcaldwell1919@gmail.com

Arie van Ameringen courriel: arieva.perceval@gmail.com

Anthroposophical Prison Outreach in Canada

Dear Members and Friends,

As the spring of 2012 unfolds, the joy of growth will soon accompany the effort of many souls as the “Anthroposophical Prison Outreach in Canada” (A.P.O.) establishes its foundation and development here in Canada. This is an individual initiative that recognizes itself as standing separate from the Anthroposophical Society in Canada. This initiative has worked with the Council of the Society as it has been developing in the last year and has received support and encouragement from them.

A separate funding base was initiated by Monica Gold through ISIS Cultural Outreach International and has helped to fund a separate Post Office Box (see below for address) for this initiative.

As anthroposophists we know that this regenerated path of wisdom is a need for our time, for as individuals, strengthened by experiencing the wisdom of anthroposophy, we can co-create for ourselves an opportunity to share this spiritual journey with incarcerated individuals who seek for growth. With a dedicated office, complete with lending library, and through careful placement of written anthroposophical literature, an interrelationship can develop with individuals who, having prescribed time on their hands, may yearn to learn of this cherished gift, anthroposophy.

With the many challenges placed before us, we need to call upon the support of the anthroposophical community across Canada. At this point, the fledgling Anthroposophical Prison Outreach Program will work with the prison system at the federal level, for the sake of simplicity and also to keep start-up costs to a minimum. The federal prison system is called Corrections Service of Canada, and is presently divided into five regions: Atlantic, Quebec, Ontario, Prairie, and Pacific. Each region has its own levels of maximum, medium, minimum, and multi-level security ratings for each institution within its jurisdiction. For example, there are thirteen prisons in Quebec and twelve in Ontario and nine in British Columbia with one of the above mentioned security ratings.

As we tackle this task of starting up this initiative, we are finding much inspiration in the United States, APO program, which has served thousands of individuals since its inception. We are grateful for the assistance/advice we are receiving from our U.S. neighbors, in particular, Kathy Serafin. Some of the feedback from incarcerated individuals in the U.S. is truly moving. For example, one individual from OK. writes: “I’m grateful that there are people who are actually interested in rehabilitating what’s causing the criminal behavior, not to suggest that it can all be fixed by reading a book, but for those searching for the ‘inner light’, it’s just what the doctor ordered.”

Fred Janny is one of the founding members of the Anthroposophical Prison Outreach Program through the Anthroposophical Society in America. In the late 1980’s based on Rudolf Steiner’s so called “six basic exercises”, Fred Janny developed a pamphlet “Self Development in the Penitentiary” for individuals incarcerated in the Michigan state Prison system. In 1997 development continued, with the help of the Anthroposophical Society in America with Jean Yeager and Eileen Bristol in Ann Arbor, Michigan. In Fred Janny’s warm, heartful words, “Spiritual forces aid us in forming and strengthen the bridge that connects all people with their highest intentions.”

Fred Janny is coming to Canada to give a talk about his experience with Prison Outreach, on June 15th. 2012, at Hesperus Fellowship Community. (Details to follow).

As Steiner has said, it is only the privilege of our education and upbringing that has made the difference between those of us who abide by the law, and those of us who transgress it: “The second condition is that the student should feel himself coordinated as a link in the whole of life. Much is included in the fulfillment of this condition, but each can only fulfill it in his own manner. … Such an attitude of mind, for instance, alters the way I regard a criminal. I suspend my judgment and say to myself: “I am, like him, only a human being. Through favorable circumstances I received an education, which perhaps alone saved me from a similar fate.” I may then also come to the conclusion that this human brother of mine would have become different man had my teachers taken the same pains with him they took with me. I shall reflect on the fact that something was given to me which was withheld from him, that I enjoy my fortune precisely because it was denied him. And then I shall naturally come to think of myself as a link in the whole of humanity and a sharer in the responsibility for everything occurs.”

Rudolf Steiner from How to Know Higher Worlds, Ch. 5.

There is great opportunity for us to share this gift with our fellow Canadians. If you would like to help we have the need for anthroposophical books for the lending library. Any and all donated books are welcomed, but we need in particular a good supply of the foundational/basic books, including Philosophy of Freedom (Intuitive Thinking as a Spiritual Path), Occult Science, How to Know Higher Worlds, Theosophy, Study of Man, and The Fifth Gospel.

If you would like to donate: All Donations are tax-deductible. Please make cheques payable to ISIS CULTURAL OUTREACH INTL. Also please state: prison outreach. With sincere thanks!

Anthroposophical Prison Outreach in Canada

P.O. Box 61512, 9350 Yonge St.

Richmond Hill, Ontario, Canada

L4C 0C9

For further information please contact:

William Caldwell, ph# 905-659-4404 or e-mail: wcaldwell1919@gmail.com

Arie van Ameringen email: arieva.perceval@gmail.com

Tuesday, March 6, 2012

Letter from Arie van Ameringen - March 2012

 Dear Friends,

In 2011 we were called upon to focus on two very important themes: the celebration of the 150th anniversary of Rudolf Steiner’s birth on the one hand, and the individuality of Christian Rosenkreuz on the other.  As we study Rudolf Steiner’s biography and his many lectures, we come to realize how closely he was linked with the individuality of Christian Rosenkreuz. On many occasions Steiner specifically mentioned the importance of this great guide of mankind, and indeed anthroposophy can be called a modern form of rosicrucianism.  (1)
             
Last year, various events were held worldwide, and especially in Europe, to celebrate Rudolf Steiner’s legacy and the relevance of his work for our times.  Across Canada, several members’ groups chose to commemorate this anniversary by offering public events such as lectures or educational activities, some groups got together to stir and spray bio-dynamic preparations simultaneously on St John's Day,  others by simply gathering in more intimate circles.  These celebratory events were all ways of expressing our gratitude for the work of Rudolf Steiner. 
            
 Several months ago, I had agreed to go to my bank in Montreal in order to obtain foreign currency for my daughter, who was leaving for Central America.  Upon arriving at the bank branch, an employee explained that the bank was closed due to a power blackout in the neighborhood.  I begged him to let me in, explaining that I lived 100 km away and that I could never return in time, since my daughter’s flight was scheduled for the next morning. 

The employee finally let me in.  Since I was the only customer, I was given the royal treatment: I was waited upon by five employees plus the branch manager.  And yet there was a serious problem: the computers were not working!  What was to be done?  The employees seemed helpless.  How could the transaction be recorded?  How could they calculate the amount in Canadian dollars or even issue a receipt?  It is as if we had been thrown back 30 years to a time when office computers did not exist.  

Finally, it took the six of them a full half hour to process my request.  It was obvious that the employees were in no way prepared for this kind of situation.  And even the branch manager had difficulty calculating the conversion of Canadian dollars into pesos. 

Several weeks prior to that incident, (23 October), a very interesting article concerning Waldorf schools had appeared in the New York Times, relating how employees of companies in California’s Silicon Valley send their children to Waldorf Schools so they can learn to “hold a pencil.”  The piece praised the merits of what was said to be a form of education which teaches practical life skills.  

When Rudolf Steiner speaks of the teachings of Christian Rosenkreuz, he describes a spiritual movement which emphasizes the importance of acquiring the practical skills needed for daily life.  When a man breaks his leg, do we pity his suffering?  Of course we do.  But it is also essential that we know what to do in such a case and that we act.  The attitude required here is not that of a spectator but rather of a being who can act in full awareness of what the situation requires.  Given the fact that electronic tools have taken on a dominant role in our daily lives, education which remains in touch with concrete practical life skills is assuredly a way of facing head on the challenges of the over-dominance of cyber specialisation and of ensuring that our human faculties remain free. 

In 1911, Rudolf Steiner gave us essential details into the life and mission of Christian Rosenkreuz.  Also, in December of the same year he created a new initiative, an Endowment (Stiftung) under the temporary name of Society for Theosophical Art and Way of Life.  This initiative was established under the direct impulse of Christian Rosenkreuz and Rudolf Steiner was to choose (“interpret”) a group of people who would be able to undertake free spiritual research. 

Each of the members of this group was a representative of a particular art form; each one had complete freedom to carry out his or her own spiritual research based on mutual trust, and the group was to continue its work in total autonomy without the help of Rudolf Steiner.  It goes without saying that each of the individuals chosen agreed to commit to the work with an attitude completely devoid of any personal interest or gain whatsoever.

Unfortunately, this effort to create the Endowment did not succeed. (2)  Yet, the method of working put forward at its conception remains an inspiration for us today.   At that time, Rudolf Steiner had already deemed it necessary to give birth to a spiritual initiative in order to counter the destructive tide of materialism.  Indeed, it was then that the second mystery drama was written and performed.  And today, artistic endeavor inspired by authentic spiritual work is more relevant than ever. 

At the beginning of November I attended the meeting of General Secretaries, Section leaders and the Executive Committee at the Gœtheanum.  The theme of the meeting was: Recognizing differences and building together. Our conversations focused on how to achieve a working together of the various streams within the Anthroposophical Society.  We know that within the Society the manifold diverging impulses fall somewhere between two distinct points of view: those who place the greater importance on knowledge and those for whom action is the essential element.  Seen in the light of the Endowment, the fundamental requirements for spiritual research are trust and autonomy.  How then can we remain individually creative, make our own personal spiritual contribution, and yet work towards a common goal in spite of our differences?  This question remains relevant for each one of us.

We also shared our imagination of current world events, particularly the most striking events of 2011. The Executive Committee explained its new way of working, which involves including the General Secretaries of the Netherlands, Germany and Switzerland in some of the decision making process.

***
On January 21, 2012, in Toronto, the members of the Council of the Anthroposophical Society in Canada met with the circle of Canadian Class Holders to explore the research theme: Anthroposophy: a modern form of Rosicrucianism, and our experience of the Canadian Folk Soul. 

In the evening, after a short introduction, there was a conversation with local members. During this exchange period on the question of the Canadian Folk Soul, the Rosicrucian mood was always there in the background, helping us to realize that our Canadian situation was constantly evolving. The core values of openness, tolerance and artistic creativity were among the qualities mentioned as characterizing the Canadian nation, as was the diversity of the founding peoples; the contributions of new immigrants have proven to be of great cultural value; the Canadian Folk Soul is still in a process of taking shape for some future task.

Bearing in mind the qualities we have mentioned, it should come as no surprise to find printed on the Canadian 20 dollar bill the following quote from writer Gabrielle Roy:

Could we ever know each other in the slightest without the arts?

Arie van Ameringen
General Secretary, Dunham, Quebec

(1)    Peter Selg recently published a book in German on Rudolf Steiner and Christian Rosenkreuz. See also Sergei Prokofief’s article on the theme of the year. 
(2)     Virginia Sease explains in her little book (in German) Rudolf Steiners Versuch einer Stiftung für Theosophische Art und Kunst 15.Dezember 1911 the history of this group and the individuals who participated in it.

En 2011 nous avons été invités à porter deux thèmes très importants : la commémoration du 150e anniversaire de naissance de Rudolf Steiner et l’individualité de Christian Rosecroix.  Quand on aborde la biographie et les conférences de Rudolf Steiner, on constate que Rudolf Steiner avait un lien privilégié avec l’individualité de Christian Rosecroix.  À plusieurs occasions, Steiner mentionne de façon spécifique l’apport important de ce grand guide de l’humanité, à tel point que l’anthroposophie peut être nommée comme une forme moderne du rosicrucisme. (1) 
            
L’année dernière, différents événements dans le monde ont eu lieu, en particulier en Europe, pour souligner l’héritage et la pertinence de l’oeuvre de Rudolf Steiner pour notre époque.    Au Canada, d’un bout à l’autre du pays, plusieurs groupes de membres ont aussi tenu à marquer cet anniversaire soit par des événements publics telles des conférences, des activités pédagogiques, la fabrication et l’épandage d’une préparation biodynamique à la Saint-Jean ou des rencontres en cercles plus restreints. Ces célébrations étaient une façon de témoigner la reconnaissance  envers Rudolf Steiner et son oeuvre.
            
Il y a quelques mois, je devais prendre des devises étrangères à ma banque montréalaise afin de les remettre à ma fille qui partait en Amérique Centrale. En arrivant à la succursale, un préposé me fit savoir que la banque était fermée en raison d’une panne électrique dans le quartier.  J’insistais pour entrer en expliquant que j’habitais à 100 km de là et que je ne pouvais pas revenir aussitôt et que de plus, ma fille partait le lendemain.  
           
L’employé de la banque me fit finalement entrer.  Étant le seul client, j’ai eu droit à un service  royal : cinq employés et la gérante pour répondre à ma demande.  Mais il y avait un problème : les ordinateurs ne fonctionnaient pas!  Que faire dans un tel cas?  Les employés semblaient pris au dépourvu.  Comment enregistrer la transaction?  Comment calculer le montant en dollars canadiens?  Comment enfin, me donner un reçu?  On semblait être revenu 30 ans en arrière à l’époque où on ne disposait pas d’ordinateurs.
            
Finalement, les six personnes ont pris près d’une demi-heure à régler ma demande.  Les employés n’étaient visiblement pas préparés à faire face à une telle situation.  Et même la gérante avait de la difficulté à calculer la conversion des dollars canadiens en pesos. 
            
Quelques semaines auparavant  (le 23 octobre), parut un article fort intéressant sur les écoles Waldorf dans le New York Times.  Dans cet article, on mentionne comment les employés qui travaillent pour des compagnies de la Silicone Valley, en Californie, envoient leurs enfants à l’école Waldorf afin qu’ils apprennent à ‘manier le crayon’. On y vente les mérites d’une pédagogie pratique pour la vie.
            
Quand Rudolf Steiner parle de l’enseignement de Christian Rosecroix, il précise l’importance d’un mouvement spirituel où la pratique dans le quotidien est de première importance.  Un homme se casse une jambe, est-ce qu’on a de la pitié pour sa souffrance? Oui! Mais il est aussi important de savoir quoi faire et de se mettre en action.  L’attitude n’est pas celle d’un spectateur mais davantage celle d’un être agissant en toute connaissance. Les outils électroniques ont pris une place prépondérante dans notre vie quotidienne; une éducation en lien avec la vie pratique, concrète  est sûrement une façon de remédier aux  défis d’une surspécialisation cybernétique et de garder l’indépendance de nos facultés humaines.
            
En 1911, Rudolf Steiner a donné plus de détails sur l’individualité de Christian Rosecroix et de sa mission.  Aussi, il a crée, en décembre de la même année, une nouvelle initiative, une dotation (Stiftung) : avec un nom provisoire de Dotation pour un style et un art théosophique.  Cette initiative venait directement de l’impulsion de Christian Rosecroix et Rudolf Steiner devait choisir (interpréter) un groupe de personnes pour faire un travail de recherche spirituelle.
            
Chacun des membres de cette société  était un représentant d’un art en particulier, chacun avait une entière liberté de recherche spirituelle basée sur la confiance et le groupe devait par la suite dans une complète autonomie, continuer le travail sans l’intervention de Rudolf Steiner. Il va de soi que les personnes choisies devaient s’engager dans le travail avec une attitude dépourvue de tout intérêt personnel. 
            
Malheureusement, la dotation n’a pas abouti (2). Il reste que la façon de travailler présentée lors du début de la dotation, demeure une inspiration pour notre époque. Déjà, en ce temps, Rudolf Steiner avait jugé nécessaire la naissance d’une initiative spirituelle pour faire face à un matérialisme destructeur croissant, aussi, à ce moment là, le deuxième drame mystère  avait vu le jour. L’approche artistique inspirée d’un travail spirituel authentique n’a pas perdu de sa pertinence aujourd’hui.
             
Au début de novembre dernier, j’ai participé, au Goetheanum, à la rencontre des secrétaires généraux, des responsables des sections et des membres du comité directeur.  Cette rencontre avait pour thème : Voir les divergences  et construire ensemble. Nos conversations ont porté sur comment rallier les différents courants dans la Société Anthroposophique pour parvenir  à  un travail commun. Nous savons qu’à l’intérieur de la Société les divergences peuvent se situer entre deux points de vue bien distincts; Il y a ceux pour qui la connaissance est mis à l’avant plan et d’autres  pour qui l’action est de première importance.   À la lumière de la dotation, la question de la confiance et de l’autonomie s’avère importante dans la recherche spirituelle.   Comment être suffisamment créateur et faire notre bout de chemin spirituel dans un but commun et ce malgré nos divergences? Cette question est aussi pertinente pour nous.

Nous avons également partagé une image de ce qui se passe dans le monde d’aujourd’hui, en particulier les événements marquants de 2011. Le Comité Directeur a présenté sa nouvelle façon de travailler en incluant les secrétaires généraux des Pays-Bas, de l’Allemagne et de la Suisse dans la prise de certaines décisions.

***
Le 21 janvier, à Toronto, les membres du Conseil de la Société Anthroposophique du Canada et les lecteurs de classe se sont rencontrés pour partager leurs réflexions suite à une recherche sur le thème L’Anthroposophie : une forme moderne du rosicrucisme et l’âme du peuple canadien.
            
En soirée, après une courte présentation sur le thème, il y a eu un échange avec les membres locaux. Lors de cet échange sur la question de l’âme du peuple canadien, cette atmosphère rosicrucienne était en arrière-plan et nous a aidés à remarquer que la situation canadienne était en évolution. Les valeurs d’ouverture, de tolérance et de création artistique ont été mentionnées comme des  caractéristiques de la nation canadienne de même que la diversité des personnes qui ont peuplé le Canada; l’apport des nouveaux immigrants témoigne d’une grande  richesse culturelle. L’âme du peuple est donc encore  en train de se forger pour le futur. Serons-nous alors étonnés, à ce compte, de retrouver sur le billet de 20 dollars canadiens la pensée de l’écrivaine Gabrielle :
                  Nous connaîtrions-nous seulement sans les arts ?
  
Arie van Ameringen
Secrétaire général,
Dunham, Québec

(1)     Peter Selg a écrit récemment un livre en allemand sur Rudolf Steiner et Christian Rosecroix. Voir aussi le texte de Sergei Prokofief sur le thème de l’année.
(2)      Virginia Sease explique dans son petit livre Rudolf Steiners  Versuch einer Stiftung für Theosophische Art und Kunst 15.Dezember 1911 ( pas encore traduit ) l’historique de cette société et les personnes qui y participaient.

MOT DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL - March 2012

En 2011 nous avons été invités à porter deux thèmes très importants : la commémoration du 150e anniversaire de naissance de Rudolf Steiner et l’individualité de Christian Rosecroix.  Quand on aborde la biographie et les conférences de Rudolf Steiner, on constate que Rudolf Steiner avait un lien privilégié avec l’individualité de Christian Rosecroix.  À plusieurs occasions, Steiner mentionne de façon spécifique l’apport important de ce grand guide de l’humanité, à tel point que l’anthroposophie peut être nommée comme une forme moderne du rosicrucisme. (1)
            
L’année dernière, différents événements dans le monde ont eu lieu, en particulier en Europe, pour souligner l’héritage et la pertinence de l’oeuvre de Rudolf Steiner pour notre époque.    Au Canada, d’un bout à l’autre du pays, plusieurs groupes de membres ont aussi tenu à marquer cet anniversaire soit par des événements publics telles des conférences, des activités pédagogiques, la fabrication et l’épandage d’une préparation biodynamique à la Saint-Jean ou des rencontres en cercles plus restreints. Ces célébrations étaient une façon de témoigner la reconnaissance  envers Rudolf Steiner et son oeuvre.
            
Il y a quelques mois, je devais prendre des devises étrangères à ma banque montréalaise afin de les remettre à ma fille qui partait en Amérique Centrale. En arrivant à la succursale, un préposé me fit savoir que la banque était fermée en raison d’une panne électrique dans le quartier.  J’insistais pour entrer en expliquant que j’habitais à 100 km de là et que je ne pouvais pas revenir aussitôt et que de plus, ma fille partait le lendemain. 
            
L’employé de la banque me fit finalement entrer.  Étant le seul client, j’ai eu droit à un service  royal : cinq employés et la gérante pour répondre à ma demande.  Mais il y avait un problème : les ordinateurs ne fonctionnaient pas!  Que faire dans un tel cas?  Les employés semblaient pris au dépourvu.  Comment enregistrer la transaction?  Comment calculer le montant en dollars canadiens?  Comment enfin, me donner un reçu?  On semblait être revenu 30 ans en arrière à l’époque où on ne disposait pas d’ordinateurs.
            
Finalement, les six personnes ont pris près d’une demi-heure à régler ma demande.  Les employés n’étaient visiblement pas préparés à faire face à une telle situation.  Et même la gérante avait de la difficulté à calculer la conversion des dollars canadiens en pesos. 
            
Quelques semaines auparavant  (le 23 octobre), parut un article fort intéressant sur les écoles Waldorf dans le New York Times.  Dans cet article, on mentionne comment les employés qui travaillent pour des compagnies de la Silicone Valley, en Californie, envoient leurs enfants à l’école Waldorf afin qu’ils apprennent à ‘manier le crayon’. On y vente les mérites d’une pédagogie pratique pour la vie.
            
Quand Rudolf Steiner parle de l’enseignement de Christian Rosecroix, il précise l’importance d’un mouvement spirituel où la pratique dans le quotidien est de première importance.  Un homme se casse une jambe, est-ce qu’on a de la pitié pour sa souffrance? Oui! Mais il est aussi important de savoir quoi faire et de se mettre en action.  L’attitude n’est pas celle d’un spectateur mais davantage celle d’un être agissant en toute connaissance. Les outils électroniques ont pris une place prépondérante dans notre vie quotidienne; une éducation en lien avec la vie pratique, concrète  est sûrement une façon de remédier aux  défis d’une surspécialisation cybernétique et de garder l’indépendance de nos facultés humaines.
            
En 1911, Rudolf Steiner a donné plus de détails sur l’individualité de Christian Rosecroix et de sa mission.  Aussi, il a crée, en décembre de la même année, une nouvelle initiative, une dotation (Stiftung) : avec un nom provisoire de Dotation pour un style et un art théosophique.  Cette initiative venait directement de l’impulsion de Christian Rosecroix et Rudolf Steiner devait choisir (interpréter) un groupe de personnes pour faire un travail de recherche spirituelle.
            
Chacun des membres de cette société  était un représentant d’un art en particulier, chacun avait une entière liberté de recherche spirituelle basée sur la confiance et le groupe devait par la suite dans une complète autonomie, continuer le travail sans l’intervention de Rudolf Steiner. Il va de soi que les personnes choisies devaient s’engager dans le travail avec une attitude dépourvue de tout intérêt personnel. 
            
Malheureusement, la dotation n’a pas abouti (2). Il reste que la façon de travailler présentée lors du début de la dotation, demeure une inspiration pour notre époque. Déjà, en ce temps, Rudolf Steiner avait jugé nécessaire la naissance d’une initiative spirituelle pour faire face à un matérialisme destructeur croissant, aussi, à ce moment là, le deuxième drame mystère  avait vu le jour. L’approche artistique inspirée d’un travail spirituel authentique n’a pas perdu de sa pertinence aujourd’hui.
             
Au début de novembre dernier, j’ai participé, au Goetheanum, à la rencontre des secrétaires généraux, des responsables des sections et des membres du comité directeur.  Cette rencontre avait pour thème : Voir les divergences  et construire ensemble. Nos conversations ont porté sur comment rallier les différents courants dans la Société Anthroposophique pour parvenir  à  un travail commun. Nous savons qu’à l’intérieur de la Société les divergences peuvent se situer entre deux points de vue bien distincts; Il y a ceux pour qui la connaissance est mis à l’avant plan et d’autres  pour qui l’action est de première importance.   À la lumière de la dotation, la question de la confiance et de l’autonomie s’avère importante dans la recherche spirituelle.  Comment être suffisamment créateur et faire notre bout de chemin spirituel dans un but commun et ce malgré nos divergences? Cette question est aussi pertinente pour nous.

Nous avons également partagé une image de ce qui se passe dans le monde d’aujourd’hui, en particulier les événements marquants de 2011. Le Comité Directeur a présenté sa nouvelle façon de travailler en incluant les secrétaires généraux des Pays-Bas, de l’Allemagne et de la Suisse dans la prise de certaines décisions.

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Le 21 janvier, à Toronto, les membres du Conseil de la Société Anthroposophique du Canada et les lecteurs de classe se sont rencontrés pour partager leurs réflexions suite à une recherche sur le thème L’Anthroposophie : une forme moderne du rosicrucisme et l’âme du peuple canadien.
            
En soirée, après une courte présentation sur le thème, il y a eu un échange avec les membres locaux. Lors de cet échange sur la question de l’âme du peuple canadien, cette atmosphère rosicrucienne était en arrière-plan et nous a aidés à remarquer que la situation canadienne était en évolution. Les valeurs d’ouverture, de tolérance et de création artistique ont été mentionnées comme des  caractéristiques de la nation canadienne de même que la diversité des personnes qui ont peuplé le Canada; l’apport des nouveaux immigrants témoigne d’une grande  richesse culturelle. L’âme du peuple est donc encore  en train de se forger pour le futur. Serons-nous alors étonnés, à ce compte, de retrouver sur le billet de 20 dollars canadiens la pensée de l’écrivaine Gabrielle :
                  
Nous connaîtrions-nous seulement sans les arts ?
  
Arie van Ameringen
Secrétaire général,
Dunham, Québec

(1)     Peter Selg a écrit récemment un livre en allemand sur Rudolf Steiner et Christian Rosecroix. Voir aussi le texte de Sergei Prokofief sur le thème de l’année.
(2)      Virginia Sease explique dans son petit livre Rudolf Steiners  Versuch einer Stiftung für Theosophische Art und Kunst 15.Dezember 1911 ( pas encore traduit ) l’historique de cette société et les personnes qui y participaient.