Tuesday, September 4, 2012

La structure de la Société




- de Mark McAlister
Pour que nous puissions partager une vision commune de notre communauté il est essentiel que nous en comprenions clairement la structure actuelle. Le schéma ci-dessous résume les rapports-clés entre les différents organes de la Société anthroposophique en Amérique. À partir de schémas simples comme celui-ci nous pouvons commencer à nous mettre d’accord sur QUI devrait faire QUOI.
Au centre figure le Comité directeur de la Société anthroposophique universelle au Gœtheanum  (GAS). Ce comité porte la responsabilité de certaines tâches qui ont un rapport direct avec le travail de notre Société en Amérique du Nord :
  1. Chapeauter le travail de l’École de Science de l’Esprit en Amérique du Nord
  2. Travailler de concert avec les Secrétaires généraux américain et canadien (et avec leurs conseils respectifs) et assurer une continuité avec les activités de la Société anthroposophique universelle (GAS).
  3. Signer les cartes de membre (ne figure pas sur le schéma).

Les Sociétés des États-Unis et du Canada ont tous les deux une organisation nationale dotée d’un statut légal :
  • The Anthroposophical Society in America (ASA) dirigé par un Conseil général, et
  • La Société anthroposophique au Canada (ASC) dirigé par un Conseil national. 

Durant les deux dernières décennies, deux nouvelles organisations ont commencé à prendre forme :
  • Le Collège de l’École de Science de l’Esprit en Amérique du Nord (NA Collegium). Cette organisation regroupe les deux pays et maintient un lien direct avec le Comité directeur au Gœtheanum.  Elle reçoit du soutien financier de la part des deux sociétés nationales.
  • Le Conseil des Organisations anthroposophiques (CAO).  Cet organisme réunit les individus qui travaillent activement au sein du mouvement.  Son mandat embrasse lui aussi tout le continent, bien qu’il soit actuellement un comité appartenant à l’ASA.
  • Au Canada, il y a un cercle qui réunit annuellement les responsables de la Première Classe et les membres du Conseil national. Ce cercle est quelque chose d’unique dans la vie de la Société anthroposophique mondiale.
  • Aux É.-U. le Conseil général explore lui aussi de nouvelles façons de collaborer avec l’École de Science de l’Esprit en organisant des rencontres avec les responsables de Classe et avec le Collegium.

Une dernière remarque : dans une causerie donnée lors du congrès, Virginia Sease a parlé en détail du verset donné par Rudolf Steiner à Ralph Courtney du Threefold Group de New York.  (Ce verset a également fait l’objet d’une magnifique présentation durant le congrès de la part d’Eurythmy Spring Valley.)  De nos jours, on connait ce verset surtout sous le nom de « Verset pour l’Amérique », mais il reste à découvrir quelle signification il peut avoir pour nous au Canada.  Voici donc une autre belle occasion pour explorer plus en détail nos liens avec nos amis de l’autre côté de la frontière!


« Action Research » à Ann Arbor : Apprendre de sa propre expérience



- de Mark McAlister

La Société anthroposophique en Amérique a récemment accueilli deux évènements significatifs à Ann Arbor. 
  • Un colloque sur le leadership (8-9 aout)
  • « Qu’aille vers le bien  (That Good may Become » - un congrès pour membres  (9-12 aout) web site

Depuis quinze jours je me creuse la tête pour savoir comment et par où commencer.  Comment rendre justice à la richesse et, oui, à la perplexité de ce que j’ai vécu à Ann Arbor? Hier, j’ai trouvé une piste lorsque j’ai découvert une citation dans un livre de Torin Finser :
« « Action Research » » signifie les modalités selon lesquelles les individus organisent les conditions leur permettant d’apprendre de leur propre expérience. »  (Cette citation de David Hopkins est reprise par Torin Finser dans son article Research paru dans la revue AWSNA 1995, pp. 9-10)

Alors, l’idée m’est venue comme un éclair : nous avons besoin d’apprendre ensemble!  Rudolf Steiner n’a ni prescrit ni proscrit les formes que la Société anthroposophique devrait revêtir dans les décennies à venir.  Il incombe à nous d’assurer que notre travail dans la Société reste liée à la vraie vie et qu’il contribue concrètement à la santé de la communauté. 

Bien des choses concernant le congrès d’Ann Arbor paraitront dans les mois qui viennent, dont des contributions de la part de plusieurs membres canadiens. Ces réflexions nous aideront à créer une image commune de nouvelles formes et de nouvelles voies pour orienter notre travail futur. 

Dans l’article suivant je décrirai la structure actuelle de la Société en Amérique du Nord dans le but de fournir un contexte pour nous permettre d’entamer un dialogue fructueux.

Sunday, September 2, 2012

Cultiver la Communication




de Dorothy LeBaron et Mark McAlister

Chers membres,

L’une des questions importantes que notre conseil étudie en ce moment est celle de la communication. Comment relever le défi et faciliter la communication? Comment créer un organe pour faire entendre la voix des membres? Comment devenir plus visibles les uns pour les autres? Comment développer un intérêt pour l’autre, pour ce qui se passe partout au pays dans les différents groupes et branches?

Pour faire un premier pas dans ce sens, le rédacteur fait paraitre de temps à autre dans le bulletin électronique (eNews) et dans Glimpses une rubrique « Activités locales » où les membres peuvent annoncer des évènements locaux. Cette rubrique a également pour but de susciter chez le lecteur de l’intérêt et de la curiosité par rapport aux activités des autres groupes. Par exemple, dans un numéro récent on pouvait lire un article de Colin Rioux-Beauséjour sur le groupe de Sherbrooke, Vers les Sources. Cet article lançait l’invitation suivante : « Nous envoyons nos salutations les plus chaleureuses à tous les membres au Canada. Nous serions ravis d’avoir de vos nouvelles. Serait-il possible que chaque groupe, grand ou petit, envoie à tour de rôle un court résumé de ses activités au rédacteur du bulletin? Ce geste pourrait cultiver le sentiment de faire partie d’une plus grande communauté. »

Merci, Colin! Ton article encouragera sans doute d’autres membres à nous faire parvenir de leurs nouvelles. S’il pouvait y avoir un article de ce genre dans CHAQUE numéro du bulletin, notre sentiment de faire partie d’une grande communauté serait beaucoup plus fort.

Pour nous aider à réaliser cet objectif, nous voudrions suggérer que dans chaque branche ou groupe l’on désigne une personne pour recueillir les articles et annonces intéressants. Ce représentant pourrait alors servir d’agent de liaison entre son groupe et le rédacteur du bulletin. Nous ferions ensuite paraitre tous les renseignements pertinents, encourageant ainsi les membres à entrer en contact les uns avec les autres pour entamer un dialogue.   

Si vous avez besoin d’aide ou d’encouragement, n’hésitez pas à contacter le rédacteur du bulletin. Il se fera un plaisir d’échanger des idées avec vous pour vous aider à donner libre cours à votre élan créateur!

Dorothy LeBaron, pour le Conseil
Mark McAlister, Rédacteur du bulletin

Lettre de Judy King



Lundi 27 aout 2012,
                                                                                       Big Baddeck, Ile du Cap-Breton,
                                                                                       Nouvelle-Écosse
                                                                                       
Chers amis,

Je réponds ici à l’invitation lancée par Colin Rioux-Beauséjour dans sa belle lettre parue dans le numéro d’été 2012 de Glimpses. Colin a présenté le travail du groupe de membres Vers les Sources récemment formé dans la région de Sherbrooke, au Québec. Il est en effet encourageant et inspirant d’entendre parler du travail que font d’autres membres. Or, je vais en profiter pour vous mettre au courant de quelques-unes des activités qui se déroulent dans les provinces maritimes. J’habite moi-même depuis quarante ans en Nouvelle-Écosse. 

La Nouvelle-Écosse compte 17 membres de la Société anthroposophique, habitant à l’intérieur d’un triangle dont les trois pointes sont Halifax, la côte sud de la Valée de l’Annapolis et Digby. Cela vous indique que nous sommes éparpillés sur tout le territoire. Même si en regardant la carte géographique il peut sembler que nous sommes près les uns des autres, il faut d’importants déplacements pour que nous puissions nous rencontrer, ce qui demande une attention toute particulière au niveau de la planification. Les membres et amis se réunissent au moins quatre fois par année pour célébrer les fêtes. Ces célébrations, qui sont tenues en alternance dans les différents centres, comprennent un repas, des lectures de textes et des manifestations artistiques. Selon l’époque de l’année on peut trouver deux ou trois groupes d’étude dans chacun des différents centres. L’automne dernier, un cercle s’est formé à l’école Waldorf pour étudier la tripartition sociale et pour voir comment elle pourrait être appliquée à la gestion d’une petite école.  Cet automne, un groupe se réunit dans la région de Digby pour étudier le cycle de conférences sur le karma. L’année dernière, on a éprouvé pour la première fois le besoin de tenir une assemblée générale annuelle. Nous sommes, sans que cela soit formellement structuré, le Nova Scotia Anthroposophical Group. À l’intérieur de cette formation, il y a un sous-groupe de six membres qui prend sur lui la responsabilité de gérer un legs laissé il y a bien des années par Hans et Lotte Castelliz pour le travail anthroposophique en Nouvelle-Écosse. De l’argent de ce fonds a déjà servi par exemple à la formation de professeurs Waldorf, à la formation de thérapeutes, à la tenue de conférences, et à payer le déplacement d’un membre par année pour assister à l’AGA. Un « cercle de prêteurs » a été mis en place pour lever les fonds nécessaires à la construction de nouvelles salles de classe pour la South Shore Waldorf School & Kindergarten. L’école Waldorf (plus de 50 élèves dans deux maternelles et des classes de 1re/2e, de 3e/4e, et de 5e/6e) est située à Blockhouse, près de Lunenberg, de Mahone Bay et de Bridgewater, et se trouve à une heure et demie de route au sud de Halifax.  (C’est justement pour être le premier professeur de cette école que je suis venue, il y a seize ans, à la South Shore, qui est loin de ma maison du Cap Breton.) Au Nouveau-Brunswick on trouve quatre membres de la Société anthroposophique. Une école d’inspiration Waldorf ouvrira ses portes en septembre près de Fredericton : la Knowlesville Art & Nature School. 

Nous nous trouvons privilégiés de pouvoir compter parmi nous en Nouvelle-Écosse un responsable de la Première Classe, Arthur Osmond. Entre sept et huit membres assistent régulièrement aux leçons de la Classe depuis deux ans. Nous terminerons le cycle des dix-neuf leçons en septembre, et déterminerons alors comment nous voudrions poursuivre le travail.  Avant l’arrivée d’Arthur, il n’y avait jamais eu de responsable de Classe en Nouvelle-Écosse. Je suis membre de l’École depuis 1999 et commençais à me demander sérieusement pourquoi, lorsque Arthur et Margaret sont venus avec leur fille s’installer à Dartmouth. J’ai comme un sentiment qu’on était des précurseurs, qu’on était là pour préparer le terrain. 

En tant que professeur Waldorf à la retraite, je suis fortement encouragée par l’intérêt que la pédagogie Waldorf suscite dans cette région. Des groupes de parents se sont formés pour établir des cercles pour le jeu libre à Halifax et à Annapolis Royal, et il y a des parents qui font du « home schooling » d’inspiration Waldorf éparpillés un peu partout sur le territoire.  Je me suis récemment entretenue avec des parents au Cap Breton qui s’y intéressent. En Nouvelle-Écosse, une province relativement peu peuplée, les distances à franchir posent toujours un problème. À Halifax, Carol Nasr a mis sur pied une initiative de formation des parents. Elle accompagne également, en tant que conseillère et animatrice d’ateliers, un groupe pour le jeu libre établi par des parents. Arthur et Margaret Osmond soutiennent activement le travail anthroposophique, la pédagogie Waldorf et l’eurythmie. Les professeurs, les parents et les familles peuvent également trouver du soutien auprès de Waldorf East, qui, en plus d’organiser des conférences et des ateliers, a offert cette année son sixième congrès annuel dans les locaux de la South Shore Waldorf School. Et en fin d compte, l’Ontario n’est pas si loin de nous (à peine à 1500 km. de distance!!!)  Là, on offre la formation en pédagogie Waldorf au Rudolf Steiner Centre de Toronto. Quelques-uns des enseignants de notre South ShoreWaldorf School y ont reçu leur formation, dont moi-même. Il m’est difficile d’exprimer de façon adéquate ma reconnaissance envers ce Centre pour tout ce que j’y ai vécu. D’autres enseignants ont participé au cours de formation à distance (également offert par le RSCT), dont on m’a dit de très bonnes choses. D’autres encore ont suivi la formation offerte par le West Coast Institute en Colombie-Britannique. Mais quelques enseignants de la SSWS n’ont suivi aucune formation et, se trouvant dans l’impossibilité de voyager, demandent s’il n’y aurait pas la possibilité d’offrir une formation plus près de chez nous. Ce qui se fait maintenant par morceaux donne d’excellents résultats dans l’ensemble, mais il y a un sentiment croissant qu’une formation complète intégrée s’impose.

Un cours général sur l’anthroposophie (une des exigences dans la formation d’un professeur Waldorf) débutera en septembre.  On m’avait demandé plusieurs fois avant que je ne prenne ma retraite si je pouvais moi-même animer un tel cours.  Cela me tient à cœur pour plusieurs raisons. Il est important de pouvoir répondre au désir des candidats de connaitre l’inspiration qui sous-tend cette pédagogie.  La lecture de livres d’anthroposophie avec d’autres me plait profondément – c’est une manière de réexaminer nos propres connaissances anthroposophiques.  La communauté autour de l’école est jeune (du point du vue de l’anthroposophie – mais en fait, ne sommes-nous pas tous jeunes à cet égard?) et j’accueille avec enthousiasme l’ouverture de cette nouvelle porte vers une approche anthroposophique de la vie.  Le cours en question reçoit un soutien moral et financier du groupe de la Nouvelle-Écosse pour pouvoir démarrer.  Il parait toutefois que le projet sera auto-suffisant déjà cette année. Il y aura des participants sur la South Shore et dans la Vallée, avec un animateur à ces deux endroits : les participants des deux centres se réuniront tous ensemble périodiquement. Cinq livres de Rudolf Steiner seront à l’étude au cours de l’année, à commencer par L’Initiation. Des cours d’art et de science, ouverts à un plus grand public, feront partie intégrante de la formation et devront aider à ce que cette initiative puisse couvrir la totalité de ses dépenses.  La première de ces sessions sera donnée par Duncan Keppie, géologue et membre de la Société anthroposophique au Canada. Ce cours aura pour titre : The Spirit of the Earth, our Home. Developing inner organs to gain spiritual insights into the planet we live on. Une journée passée dans le Bassin Minas, N.-É. Nous osons espérer que ce ne sera pas un évènement isolé mais que cette session constituera plutôt le premier volet de ce qui deviendra un cours permanent. Pour l’instant, il s’agit d’un début, et nous restons ouverts à ce qui viendra, sans y imposer d’attentes préconçues. La biodynamie est pratiquée en Nouvelle-Écosse dans des fermes, des jardins et aussi au niveau de l’apiculture. On offre des ateliers en culture biodynamique, en compostage et en apiculture. Au cours de l’année dernière il y a eu un groupe d’études sur la biodynamie animé par une jardinière de la South Shore qui est en train d’intégrer dans son jardin des pratiques biodynamiques compatibles avec les normes préconisées par la CSA.

À Wolfville on trouve l’Alexander Society, qui depuis plusieurs années intègre les connaissances de l’anthroposophie dans son travail thérapeutique avec les enfants et les adolescents.  Cette organisation fait venir des conférenciers et animateurs d’Angleterre et des États-Unis pour offrir des évènements publics. 

Et il y aurait beaucoup plus à dire, mais je m’arrête ici. Ce que je viens de décrire n’est que la « peau extérieure » d’une intense activité humaine inspirée de l’anthroposophie. Imaginez un peu toute la préparation, tout le travail, toutes les joies et tous les défis présentés par les mondes physique et spirituel – enfin tout ce qui a fait que ces réalisations de l’activité humaine puissent voir le jour! Tant de choses se déroulent dans l’invisible, choses qui s’avèreront, je le crois, importantes et aidantes pour l’anthroposophie à l’avenir. Je suis optimiste de nature, et le deviens encore plus lorsque je continue de connaitre tant de jeunes (et de moins jeunes) qui portent une véritable aspiration à donner un renouveau de vie au monde et qui sont animés d’un amour tout particulier pour le bien.

Je te remercie sincèrement, Colin, toi et tous ceux de ton groupe, car vous m’avez encouragée à écrire cette lettre.

Meilleures salutations de la Nouvelle-Écosse, et que vos aventures anthroposophiques connaissent des réalisations heureuses!

Judy King.