Sunday, February 10, 2013

Espaces et initiatives anthroposophiques

— Compte rendu de Michael Roboz d’une présentation de Bert Chase donnée le 21 octobre 2012 à l’occasion des portes ouvertes du Rudolf Steiner Centre à Vancouver

Rudolf Steiner donnait généreusement de son temps et de son énergie pour répondre aux demandes d’une variété d’initiatives naissantes. Une grande partie de la richesse de la sagesse anthroposophique qui nous a été léguée provient justement de ce qui a été donné à ces différents cercles. Lorsque Rudolf Steiner trouvait le temps de se concentrer sur son propre travail de création, il se consacrait à développer de nouvelles manières de donner forme et structure à ce qui nous environne. À ce propos, il soulignait combien les formes et les proportions de nos constructions ont une influence sur nous comme individus et aussi sur le fonctionnement de nos organisations. Il insistait sur le fait que si nous n’arrivons pas à métamorphoser les principes formateurs à l’œuvre dans les espaces qui nous environnent, les principes archaïques imprégnés dans ces espaces créeront des obstacles croissants, non seulement pour le développement de la vie anthroposophique, mais aussi pour le développement de toute l’humanité. Les espaces que nous héritons du passé peuvent entraver notre travail anthroposophique de transformation culturelle.

Les principes des constructions qui nous entourent dans la civilisation occidentale viennent essentiellement des Romains. Les proportions et les forces inhérentes à la conception de ces espaces et les interactions qu’elles provoquent ont jadis favorisé le développement de l’être humain. Mais de nos jours, ces mêmes principes agissent comme des forces qui freinent l’évolution et menacent notre travail anthroposophique. L’impulsion romaine représente le point culminant d’un courant d’évolution qui avait pour but la réalisation d’un certain degré d’indépendance chez les êtres humains. Rudolf Steiner a caractérisé ce courant comme étant l’étape Mars de l’évolution de la terre, expliquant à maintes reprises qu’il s’agissait d’une descente de l’être humain hors de l’état de conscience atavique vers une conscience individuelle.

Ce courant Mars a atteint un point de cristallisation vers l’an 86 av. J.-C. lorsque le général romain Sulla s’est fait déclarer empereur. Selon la conception du monde qui s’est développée dans le contexte d’une hiérarchie centralisée et dominatrice fondée sur la force physique, la valeur de tous les aspects de la société dépendait de l’identité que la collectivité leur accordait. Cette rigidification de la culture a inévitablement influencé la façon dont les êtres humains ont fait l’expérience des premières lueurs d’une conscience individuelle. Dans le contexte de cette conception hiérarchique romaine du monde, l’individu ne pouvait faire l’expérience de son soi qu’en identifiant sa place à l’intérieur de la hiérarchie établie, et toutes les configurations culturelles ont été développées pour soutenir cette structure.

Cette conception du monde a été projetée dans l’espace environnant grâce à un nouveau développement technique, celui de l’arpentage. Cette technique a permis de mettre en place partout dans l’Empire romain un système de routes disposées en ligne droite ne tenant plus aucun compte des données géographiques et topographiques. On a construit des villes et des bâtiments selon des grilles rigides composées d’angles droits.

Nous pouvons nous rendre compte de l’immense influence de ce système de développement selon des grilles en suivant la transition graduelle de configurations composées d’angles ouverts à celles où apparaissent les angles droits. L’angle droit crée l’impression que quelque chose est « verrouillé » dans l’espace. L’angle obtus par contre, si petit que soit l’écart de ses côtés, conserve un sens inhérent de mobilité. Là, l’espace garde une qualité de respiration qui disparait avec le système romain des grilles. 

Arriver à surmonter la puissance de ces systèmes fondés sur l’angle droit, voilà une tâche qui nous demandera un effort considérable. En effet, ces systèmes ont tellement envahi notre existence que pour nous livrer de leur pouvoir rigidifiant il nous faudra acquérir une acuité de conscience et une grande présence d’esprit. Une fois qu’on commencera à reconnaitre leur omniprésence, il faudra alors développer des principes entièrement neufs relativement à la configuration de notre espace environnant. C’est seulement de cette manière que nous réussirons peu à peu à introduire dans notre environnement des principes de mobilité de rythme et de respiration qui pourront à leur tour influer sur nous, êtres humains, agissant ainsi sur la manière dont nous faisons l’expérience de ces espaces et sur la manière dont nous y vivons.       

Le Mystère du Golgotha et la transition de Mars à Mercure

Le Mystère du Golgotha représente le grand « tournant » dans l’évolution terrestre, le début de la transition de l’étape Mars à ce que Rudolf Steiner nomme l’étape Mercure. Ce « tournant » exige que chaque aspect de l’effort humain soit pénétré d’une conscience spiritualisée. Chaque aspect de notre culture tellement « verrouillée » dans la conception du monde imprégnée par l’angle droit romain doit être maintenant « ouvert » par l’activité et l’intention des êtres humains.

Pour que ce tournant puisse se déployer, il faut que l’humanité développe des facultés d’âme entièrement nouvelles. Vers l’an 1400, les toutes premières lueurs de cette nouvelle faculté d’âme ont commencé à se faire jour chez les êtres humains. Rudolf Steiner identifie ce phénomène comme étant l’aube de l’âme de conscience. La première manifestation culturelle de cette nouvelle faculté, c’est la Renaissance.  

L’âme de conscience, Raphaël et la Renaissance 

À chaque étape importante de l’évolution de l’humanité, il y a de grands individus qui viennent indiquer le chemin. Adam, Élie, et Jean le Baptiste ont tous été des annonciateurs d’une nouvelle étape d’évolution. À l’aube de l’époque de l’âme de conscience, le remarquable artiste-peintre Raphaël (28 mars 1484 – 6 avril 1520) a été parmi les premiers hommes en qui cette nouvelle qualité psychique s’est éveillée. On pourrait dire qu’il est un des premiers êtres humains à avoir incorporé l’impulsion Mercure. Rudolf Steiner attire souvent l’attention sur l’une de ses plus grandes œuvres, la Madone Sixtine, créée en 1513-1514. 
 
Bert Chase avec la Madone Sixtine de Raphaël,  et le dessin d’un bâtiment romain illustrant l’angle droit 

Lorsque nous observons les statues des empereurs romains, nous sommes frappés par le fait qu’elles sont plus grandes que nature. Elles se tiennent droites, face à l’observateur, dans une attitude de confrontation, portant souvent une armure et brandissent une arme.

Si nous comparons cette attitude avec celle de la Madone Sixtine de Raphaël, ce qui saute aux yeux en premier lieu, c’est la manière dont la Madone semble être en mouvement, se tournant vers l’observateur, soulevant doucement la forme de l’archétype de l’être humain — l’enfant Jésus, comme si elle échappait aux forces de la pesanteur. L’Enfant nous fixe des yeux. Ces deux formes centrales du tableau nous invitent à nous entretenir avec eux, à laisser notre expérience d’âme pénétrer dans l’ambiance du tableau. Cette impression de participation active à l’évènement en train de se dérouler est accentuée et concentrée par les deux formes que l’on voit sous la Madone et l’Enfant. Le personnage sur la droite, vêtu de teintes d’une fraicheur bleuâtre, nous invite à rentrer dans l’ambiance que nous observons. Le personnage sur la gauche, vêtu de teintes chaudes, assume le mouvement dynamique contenu dans la peinture et semble tendre la main vers l’extérieur, vers nous.

La Madone Sixtine et le premier Gœtheanum 

À mesure que nous réussissons à faire l’expérience de la dynamique créée à l’intérieur de cette peinture, nous commençons à nous rendre compte qu’il y a des mouvements parallèles en nos âmes qui s’avèrent être le reflet de ceux du tableau. En dessinant ces mouvements sous forme de schéma, ce qui apparait est une sorte de circulation rythmique, une pulsation qui émane des formes centrales de la Madone et de l’Enfant pour éveiller en nos âmes, comme un reflet, une activité éthérique. En dessinant ce mouvement, on voit se révéler le langage fondamental qui sous-tend la structure du premier Gœtheanum. Nous pouvons suivre le mouvement contenu dans le tableau de la Madone Sixtine et le retrouver dans la circulation mouvante incorporée dans le premier Gœtheanum.

Tout ceci trouve son point central dans l’emplacement du Groupe sculpté, la statue du Représentant de l’Humanité, situé au même endroit que l’Enfant Jésus dans le tableau de Raphaël. En observant de plus près, nous découvrons que le Groupe sculpté est lui-même un prolongement de la structure rythmique contenu dans la peinture.



Bert Chase, schéma du premier Gœtheanum.

En plus, nous pouvons observer comment le rapport dynamique entre les personnages permet une « inhalation invisible » provenant d’au-delà du seuil. Ce « souffle du seuil » soulève la cape de la Madone. Et pendant que nous contemplons cette inhalation invisible, nous ressentons un espace, une ouverture, un être qui peut vraisemblablement permettre que la nouvelle faculté de l’âme de conscience soit présente.

Un renouveau pour le centre

En nous appuyant sur ces considérations, nous pouvons maintenant nous tourner vers les tâches entreprises en vue d’effectuer un renouveau de cet espace pour notre travail anthroposophique ici à Vancouver. Nous pouvons observer comment on a fait un doux effort pour reproduire les mouvements inhérents à la Madone Sixtine et au premier Gœtheanum. Toutefois, les moyens d’y arriver ont été modifiés pour correspondre aux conditions particulières de notre espace. La première étape est la création d’une impression de plusieurs plans disposés l’un derrière l’autre. Cette impression de plans surimposés est ensuite accentuée par les couleurs des plans qui vont de plus claires à plus foncées. En rouvrant le mur arrondi où ces plans se rencontrent, la sensation de mouvement, de circulation, est intensifiée, tout en respectant les principes structuraux des espaces tels qu’ils nous ont été donnés.

L’impression est encore rehaussée par notre décision de reprendre le mouvement des couleurs indiqué par Raphaël, les teintes fraiches à droite, les teintes plus chaudes à gauche. Ce jeu de couleurs favorise la sensation de mouvement, de circulation qu’indiquent les formes mêmes des espaces.

Ce ne sont ici que quelques indications des efforts déployés pour ennoblir les principes qui sous-tendent l’organisation des espaces que nous avons hérités et pour tenter de les métamorphoser de manière à ce qu’ils puissent soutenir et vivifier la continuation de notre travail anthroposophique.



Saturday, February 9, 2013

Not-for-profit Corporations Act

- by Mark McAlister


The Anthroposophical Society In Canada was incorporated on the 10th of March, 1953.  Over the past 60 years, 1000s of hours (and dollars!) have been spent administering the affairs of the Society.  We are a very small organization (518 members at present), and one might ask, why bother?  Wouldn't it be simpler just to have a non-incorporated club?  We could conserve our resources and focus on what really matters - the cultivation and development of anthroposophy.

New legislation from the Government of Canada makes these questions even more pressing.  All federal  non-profit corporations are required to file for a "Certificate of Continuance" by October 2014.  This requires us to re-write our charter and by-laws, and ensure that all of our governance processes comply with the new Not-for-profit Corporations Act.  YIKES - that's alot of work!

Actually, I welcome the challenge.  Like any living organism, corporations need to grow and change, and the new legislation gives us a helpful framework. The Council and Administrator have started to work through the transition guidelines and will make a preliminary progress report at the Annual Meeting in May.  I encourage you to review the materials listed at the end of this article, and send us your comments,  suggestions,and offers to help.

I participated in a governance seminar with John Bloom last year, and learned that governance is not a necessary evil - it's the heart of our creative process.  Can we overcome the inertia of Roman law ("power over"), and start manifesting the powers of the spiritual soul ("power with")?

To conclude, here is one of my notes from the Bloom seminar:
How can we create agreements that free up individual capacities to serve our mission for social good?...  When we try to form such agreements, a ‘creative tension’ (Senge) arises.  We want to recognize the authority and spiritual identity of the other, and to work out of love and trust.  At the same time, we have the difficult task of holding each other accountable to our agreements, and ensuring that we all stay focused on our common purpose.  This calls for the development and training of new capacities.  How do we learn to act freely in the context of our agreements?

Background reading
Not-for-profit Corporations Act
Transition Guide 
CRA Guidelines 
Bloom Governance Seminar Notes

Friday, February 8, 2013

An Anthroposophical Reference Companion


- by Colin Price
info@songbirdpress.biz

Note: For more details about  An Anthroposophical Reference Companion, and instructions for downloading a trial copy, click here.

In the last issue, Mark McAlister wrote an article, Towards a Bibliography of Rudolf SteinerIn this article, Mark rightly raised a number of pertinent questions about the confusion that can exist when undertaking a search for a lecture, written work, subject, location, publication, lecture-format or other designation. For many years I have shared that frustration, and since there was no place I could turn, to find what I wanted, I developed my own research compilation. In case you have not had time yet to look into my Anthroposophical Reference Companion 2013, I might just mention that it is an electronic database of all of Rudolf Steiner's lectures and writings that have ever been translated into English. The programme scans the whole of the contents of the database, and with its help you can go straight to any of the following in less than a second:

* Any one of the thousands of lectures that Rudolf Steiner ever gave.
* A complete listing of all the dates when he lectured in any given city.
* All the references to any given subject you might want to research.
* All the different publications in which a given lecture has appeared.
* The many different translations that have been made over the years, and by whom.
* The publication history of any written work or lecture.
* The different titles that have been given to a particular lecture, to see if you already possess it
* A search by date, year, subject, format, GA/CW number, word or phrase.
* When, where, and to whom a lecture was given.
* Any magazine or periodical publication of a lecture, article or essay.
* A listing of all the other lectures in a given series, even non-sequential ones.
* A listing of published lectures by either magazine or newsletter format.
* A listing of subjects within a given lecture.

This reference work is continuing to expand, and volume 1 is already in its 5th edition. There are 3 volumes altogether that make up the Reference Companion, and these comprise well over 1,500 pages. Although I am making a charge for it, my primary intention is to make it available to others so that they too can use it to its full capacity as a research tool. You mentioned in your article that "you cannot find everything in one place." This Reference Companion tries to provide just that. I find it of great interest, by the way, that one or two of our study-group members much prefer the translations of the older publications, and find the more modern translations lacking.

The work is far from complete, even now, and I am especially interested in filling in some of the blanks in the database  Your comments and suggestions would be most welcome!

Thursday, February 7, 2013

Study Group In Duncan BC

- by Colin Price

In September 2011, a group of friends came together and formed an Anthroposophical study group in Duncan, British Columbia. They were all well versed in Anthroposophy, most of us having been - or are currently - Waldorf class teachers, We are well into our years, but we do have one younger friend who keeps us on our toes. We began by studying Prokofieff's booklet The Esoteric Significance of Spiritual Work in Anthroposophical Groups, and the Future of the Anthroposophical Society. We experienced a degree of working together that frankly rather surprised us at first, and as we went on, the rhythm of our weekly gatherings strengthened us in our commitment to Rudolf Steiner.

We hallow the commencement of each session with a verse that recognizes the unique contribution that every single member around the world makes, who is striving and working out of Anthroposophy. In so doing, we seek to unite our efforts with those of others.

We followed that Prokovieff study by immersing ourselves in the lectures that Rudolf Steiner gave in Dusseldorf in April 1909, entitled The Spiritual Hierarchies and Their Reflection in the Physical World.  We are now halfway through them. Not one session draws to a close without our feeling blest that we can receive such spiritual substance.

As to the emerging issues of our time, the way in which we might meet these will emerge as we strengthen our work together, for we are still a young group. We are open to new members, and we hope to make new contacts as this new year goes forward. To all other members of such groups, we greet you cordially, and we look forward also to reading about your devoted work.  Colin Price (250-597-4078). email

La Section d’anthroposophie générale



- Monique Walsh

Chers amis,

En cette fin d’année, j’aimerais partager avec vous quelques aspects du travail du Collegium en Amérique du Nord, et en particulier vous communiquer comment je vois se développer une plus grande conscience de la nature de la Section d’anthroposophie générale ici au Canada et en Amérique du Nord.

Plusieurs d’entre vous savent que depuis quelques années déjà la question de la Section d’anthroposophie générale et de sa raison d’être fait l’objet de nombreuses discussions et d’explorations au sein même de la Société anthroposophique. Je porte moi-même la question suivante : Pourquoi a-t-il été nécessaire que cette Section échappe à notre conscience, qu’elle dorme pendant un certain temps – et qu’est-ce qui a changé maintenant? Cette Section est-elle présente aujourd’hui, et, si oui, où?

D’après mes propres observations, je peux dire que la Section d’anthroposophie générale est active là où des membres de l’École se réunissent pour travailler en toute conscience à partir des leçons et de l’ambiance de la Classe. En lui donnant le nom de Section pour l’universellement humain, nous pouvons ressentir sa véritable intention. En effet, l’on peut caractériser le travail de la Section d’anthroposophie générale comme étant l’élaboration d’un chemin menant à la redécouverte de ce que veut dire être véritablement humain, un effort pour retrouver notre essence spirituelle. L’impulsion fondamentale qui sous-tend ce travail est l’établissement des bases scientifiques du chemin en question, et cette tâche incombe à nous en tant que membres de l’École et de la Société anthroposophique.

Lorsque le Collegium se réunit deux fois par année, en mai/juin et en décembre, on y partage et approfondit le travail effectué dans les différentes Sections. Notre défi, c’est de nous rencontrer aussi consciemment que possible dans l’esprit de notre qualité de membres de la Section d’anthroposophie générale. À vrai dire, ce défi, nous le confrontons tous dans notre travail avec l’être Anthroposophia, que ce soit dans le contexte de l’École ou celui de la Société.

Ici au Canada, lorsque les responsables de Classe se réunissent annuellement avec les membres du Conseil, cela se veut une manifestation du travail de la Section d’anthroposophie générale. Nous voulons que cet aspect de notre travail devienne de plus en plus conscient.

En passant en revue les activités de l’année du Collegium, je souligne tout d’abord le mois de décembre 2011, le moment où j’ai intégré le cercle. À ce moment-là nous étudiions les éthers et le règne éthérique. Un des aspects marquants de ces rencontres était l’occasion qui se présentait de partager quelques résultats des recherches avec des membres de l’endroit, ce qu’ont fait notamment Sherry Wildfeuer et Rudiger Janisch. Une autre question sur laquelle le Collegium s’est penché était celle de la visibilité de l’École de Science de l’Esprit en Amérique du Nord, et de la Section d’anthroposophie générale plus particulièrement. Nous avons donc demandé à Herbert Hagens de rédiger une lettre adressée à tous les responsables de Classe, et nous avons prévu un temps dans l’horaire de chacune de nos rencontres pour nous réunir avec les responsables de Classe de l’endroit.

Il serait peut-être utile d’expliquer ici que pour des raisons de responsabilité fiscale et d’organisation pratique, le Collegium se réunit généralement à Spring Valley, profitant ainsi de l’accueil généreux de la Fellowship Community. Cet endroit géographique permet de réduire considérablement l’ensemble des frais de déplacement des participants.

Lors de notre rencontre du mois de juin, nous avons reçu la visite de Virginia Sease et accueilli quatre nouveaux membres : Prairie Adams pour la Section pédagogique, Peter Buckbee pour la Section des Sciences sociales, Bert Chase pour la Section des Arts plastiques, et Jennifer Greene pour la Section des Sciences naturelles. Durant cette réunion nous avons partagé notre travail avec quelques responsables de Classe de la région et avons entamé notre conversation au sujet du Gœtheanum spirituel.

Au mois d’aout, la Société en Amérique a organisé un colloque sur le leadership auquel nous, les membres du Collegium, avons été invités à participer. Cet évènement a été suivi d’un Congrès et s’est terminé avec l’Assemblée générale annuelle de la Société anthroposophique américaine. Ces évènements se sont tous déroulés à Ann Arbor, au Michigan. Les membres du Comité directeur du Gœtheanum se sont joints à nous pour ce travail.

Personnellement, j’ai vécu ce colloque comme une sorte d’occasion manquée. J’ai été déçue de voir que tant de potentiel est resté inexploité.  130 participants y ont assisté, invités pour leur qualité de responsables au sein du mouvement. J’estime que leur présence même indiquait une volonté de leur part de travailler avec les autres, de surmonter les difficultés et de concentrer leurs efforts en vue d’assurer la santé et le bienêtre de l’anthroposophie en Amérique du Nord. Malheureusement, malgré leurs excellentes intentions, ceux à qui on avait délégué la responsabilité de l’organisation de l’évènement se sont prévalus de techniques qui, bien que tout à fait convenables dans le contexte des grandes compagnies et entreprises, ne se sont pas avéré adéquates pour faciliter nos efforts en vue de réaliser l’universellement humain.

Et pourtant j’ai ressenti comment le thème du congrès : Qu’aille vers le bien; rencontrer nos destins spirituels en Amérique nous a orientés doucement vers l’actuel thème de l’année : l’Identité de la Société anthroposophique. 

Ce travail du mois de juin a évolué pour s’ouvrir sur le thème du Gœtheanum spirituel. Le point culminant de notre rencontre a été une présentation de Rudiger Janisch sur le premier Gœtheanum, à laquelle ont assisté également des membres locaux. Rudiger nous a fait vivre l’expérience d’approcher le bâtiment à pied, d’en faire la visite, et ensuite de contempler l’incendie et son résultat : la Méditation de la Pierre de Fondation déposée dans les cœurs des hommes.

Voici quelques réflexions et observations provenant de notre rencontre du mois de décembre 2012 :
« Le Gœtheanum, pour être une entité vivante, dépend de nous – de nos vies et de nos efforts. »
« L’École a la responsabilité de servir l’évolution de la culture générale. Tout être humain doit trouver sa place dans le temple. »
« Le deuxième Gœtheanum se place comme une enveloppe protectrice par-dessus l’espace du premier Gœtheanum. » (Ceci devient visible dans les dessins de Rex Raab, d’Arne Klingborg & d’Ake Fant).

En guise de conclusion je voudrais souligner que la tâche de l’École de Science de l’Esprit est d’entreprendre les recherches nécessaires pour confirmer le bienfondé des résultats obtenus par Rudolf Steiner dans ses propres recherches – à savoir, d’établir le fait que l’homme est un être d’essence spirituelle. Le travail de la Section d’anthroposophie générale a pour but de nous appuyer dans nos efforts pour vivre notre véritable humanité. La Méditation de la Pierre de Fondation nous a été donnée pour nous aider dans notre tâche.

Nous vivons à une époque où l’humanité a traversé le seuil, mais sans en être conscient. Arriverons-nous à créer un contexte dans lequel nous pourrions partager nos expériences communes?




Emerging Life Of The General Anthroposophical Section



- by Monique Walsh

Dear Friends,

I would like to share with you some of the work of the North American Collegium and, in particular, my experience of the emerging life of the General Anthroposophical Section here in Canada and in North America.

As many of you know, the awareness of The General Anthroposophical Section of the School for Spiritual Science and its raison d’être have inspired many questions and been the focus of much exploration and discussion within the Society for the past number of years. One of my own questions, a twofold one, has been: Why was it necessary for this Section to elude our awareness, to sleep, for a period of time and what has changed now?  Is this Section present today and if so, where?

My observations to date lead me to conclude that whenever members of the School meet and strive to work consciously out of the lessons and sensibility of the School, the General Anthroposophical Section is active.  In dubbing it The Universally Human Section, we can experience a true characterization of its intention. The path of rediscovering what it means to be human, of consciously reconnecting to our spiritual self is the work of the General Anthroposophical Section. Establishing this path as a spiritually scientifically supported activity is the driving force behind the research required of us as members of the School and asked of as members of the Society.

When the Collegium meets twice a year, in May/June and December, it shares and explores the research work being done in the various Sections. The challenge is to meet each other as consciously as possible as members of the General Anthroposophical Section, a challenge shared by each of us in our work with Anthroposophia, whether in the context of the School or of the Society.

Here in Canada, when the Class Holders, Collegium members and Council meet annually, it is a manifestation of the General Anthroposophical Section work. To work more consciously is one of our tasks.

In revisiting the activities of the Collegium over the past year, I come first to December 2011 when I joined the Collegium. At that time we worked with the theme of the Ethers and the Etheric. One aspect of these meetings was the opportunity to share some of the research work with local members; Sherry Wildfeuer and Rudiger Janisch both shared aspects of their work.  Another identified area was to make the School for Spiritual Science in North America more visible, with focus on the General Anthroposophical Section work; with this in mind we asked Herbert Hagens to draft a letter to all Class Holders and dedicated a time in our schedule to meet with local Class Holders at each of our meetings.

Perhaps it is important to insert here that, out of a sense of fiscal responsibility and practical logistics, the Collegium meets mainly in Spring Valley where the Fellowship Community generously hosts its activity. Meeting here also helps to keep down the cost of travel.

In our June meeting we were joined by Virginia Sease and welcomed four new members: Prairie Adams for the Pedagogical Section, Peter Buckbee for the Social Science Section, Bert Chase for the Visual Arts Section, and Jennifer Greene for the Natural Science Section.  At this time we shared our work with a small number of Class Holders and began our conversation regarding the Spiritual Goetheanum.

In August the American Society hosted a Leadership Colloquium to which the Collegium members were invited. This was followed by a Conference and concluded with the American AGM. All of these events took place in Ann Arbor, Michigan. The Executive Council members from the Goetheanum also joined us in this work.

 My own experience of the Colloquium was one of a missed opportunity. I personally found it painful to witness so much potential untapped. There were approx 160 individuals gathered, invited because they carry various roles of responsibility in the movement. I would suggest that their presence was an indication of a willingness to work together, to overcome differences and focus on the common goal of securing the health and well being of Anthroposophy in North America. Unfortunately, with all the best intentions, the running of this event was delegated to individuals who were applying techniques used successfully in major corporations, but not adequate to enable us in our struggle toward the universally human.
However I experienced that the conference theme That Good May Become: Meeting Our Spiritual Destinies in America steered us gently into this year’s theme   The Identity of the Anthroposophical Society.

The work from June evolved into our December theme of the Spiritual Goetheanun and culminated when Rudiger Janisch led us, together with local members, through an imaginative experience of approaching and walking through the First Goetheanum, experiencing its burning to the ground and the resultant Foundation Stone Meditation which is now laid in human hearts.

The following are some thoughts and observations from our meetings of December 2012:
  • The Goetheanum as a living being depends on our life and work.
  • The School has a responsibility to serve the evolution of culture. All humanity belongs in the temple.
  • The second Goetheanum fits like a protective cover over the space of the first Goetheanum”(made visible in the drawings of Rex Raab, Arne Klingborg & Ake Fant).

I would conclude that the work of the Collegium and of the School for Spiritual Science is to carry out the research necessary to support the findings of Rudolf Steiner’s own spiritual scientific research -  to establish as fact the human being as a spiritual being. The work of the General Anthroposophical Section is to support us in being human.  To help us in these tasks we have been given the Foundation Stone Meditation.We live in a time when humanity has unconsciously crossed the threshold. Can we provide a conscious context for our shared experiences?